Temps de lecture : 10 min · Publié par Phoenix Relocation Group · Avril 2026
C’est l’un des sujets les plus demandés par les expatriés francophones qui envisagent de s’installer en Italie. Et l’un des plus mal documentés en ligne, où circulent encore des informations basées sur l’ancien régime — celui d’avant la réforme de décembre 2023. Le résultat : des personnes qui s’installent à Milan avec des attentes fiscales erronées, ou au contraire, des candidats à l’expatriation qui renoncent sans vérifier s’ils auraient pu en bénéficier.
Ce guide fait le point sur l’état actuel du régime impatriati, tel qu’il s’applique en 2026, avec des exemples chiffrés et les conditions réelles à remplir.
Ce qu’était l’ancien régime — et pourquoi il a été réformé
Jusqu’à fin 2023, le régime impatriati offrait des conditions particulièrement attractives : 70 % des revenus de travail exonérés d’IRPEF (impôt sur le revenu des personnes physiques), portés à 90 % pour les personnes s’installant dans le Sud de l’Italie (Calabre, Campanie, Puglia, Sicile, Sardaigne, Abruzzes, Molise, Basilicate). Il suffisait d’avoir résidé à l’étranger pendant 2 ans et de prendre résidence fiscale en Italie pour une durée minimale de 4 ans.
Ce régime, créé en 2010 et progressivement renforcé, avait transformé l’Italie — et Milan en particulier — en destination fiscalement compétitive pour les professionnels internationaux. Le nombre de bénéficiaires avait explosé entre 2019 et 2023.
La réforme, introduite par le décret législatif 209/2023 et entrée en vigueur le 1er janvier 2024, a durci significativement les conditions d’accès. L’objectif affiché du gouvernement Meloni : réserver l’avantage aux profils à « haute valeur ajoutée » et réduire les abus.
Les nouvelles conditions en vigueur depuis 2024
Durée de résidence à l’étranger
L’ancienne condition de 2 ans de résidence à l’étranger est passée à 3 ans minimum. Elle monte à 6 ans si le travailleur n’avait pas de contrat de travail avant de partir, ou si l’entreprise qui le recrute en Italie est liée à celle pour laquelle il travaillait à l’étranger.
En pratique : un salarié qui a passé 3 ans en France dans une filiale d’un groupe, puis est muté dans la maison mère italienne du même groupe, devra justifier 6 ans de résidence à l’étranger — et non 3. C’est le point le plus souvent mal compris, et le plus fréquent dans les situations d’expatriation corporate.
Obligation d’emploi qualifié
Le nouveau régime exige que le travailleur exerce une activité « hautement qualifiée ou spécialisée », au sens de la directive européenne 2009/50/CE. Sont visés les cadres, dirigeants, ingénieurs, médecins, professionnels certifiés, chercheurs. Les profils purement commerciaux ou administratifs de niveau intermédiaire ne sont plus automatiquement éligibles.
L’exigence de diplôme
La réforme a introduit une condition de diplôme : le bénéficiaire doit détenir un titre d’enseignement supérieur (licence, master ou doctorat) reconnu. Ce critère exclut des profils qui bénéficiaient de l’ancien régime sur la base de leur expérience professionnelle seule.
Le taux d’exonération
L’avantage fiscal lui-même a été réduit : les revenus exonérés passent de 70 % à 50 %. Concrètement, seule la moitié du revenu de travail est soumise à l’IRPEF. Le bonus géographique pour le Sud de l’Italie n’existe plus sous cette forme — le taux de 50 % s’applique uniformément sur l’ensemble du territoire.
La durée du bénéfice
Le régime s’applique pendant 5 ans à compter de l’année d’établissement de la résidence fiscale en Italie. Une prolongation de 5 années supplémentaires est possible si le bénéficiaire a des enfants mineurs ou devient propriétaire d’un bien immobilier en Italie avant la fin de la première période.
Ce que ça donne en chiffres
Prenons un exemple concret. Un cadre français s’installe à Milan en janvier 2026 avec un salaire brut annuel de 80 000 €.
Sous l’ancien régime (avant 2024), la base imposable aurait été de 24 000 € (30 % de 80 000 €). L’IRPEF due aurait été d’environ 6 800 €.
Sous le nouveau régime, la base imposable est de 40 000 € (50 % de 80 000 €). L’IRPEF due est d’environ 12 200 €.
Sans aucun régime spécifique, la base imposable serait la totalité des 80 000 €, pour une IRPEF d’environ 26 500 € (en appliquant le barème progressif 2026 avec les taux de 23 %, 35 % et 43 % selon les tranches).
L’avantage reste donc substantiel — environ 14 000 € d’impôt économisé par an dans cet exemple — mais il est nettement moins spectaculaire qu’avant 2024. Pour un salaire de 120 000 €, l’économie annuelle dépasse 20 000 €, ce qui reste un argument fiscal solide pour attirer des profils seniors.
Ce que le régime impatriati ne couvre pas
Un point souvent négligé : le régime s’applique uniquement aux revenus de travail (salarié ou indépendant) perçus en Italie. Les revenus de source étrangère, les revenus du capital, les plus-values immobilières et les revenus locatifs ne bénéficient d’aucune exonération au titre de ce régime — ils sont soumis aux règles fiscales italiennes ordinaires, sous réserve des conventions fiscales bilatérales.
Pour les Français en particulier, la convention fiscale franco-italienne du 5 octobre 1989 reste applicable et organise la répartition des droits d’imposition entre les deux États. La question de la double imposition doit être traitée séparément du régime impatriati.
Les erreurs les plus fréquentes que nous observons
La première erreur est de calculer son budget sur la base de l’ancien régime à 70 %, sans avoir vérifié si les nouvelles conditions sont remplies. Des familles arrivent à Milan avec des projections salariales nettes inexactes de plusieurs milliers d’euros par mois.
La deuxième est de confondre résidence fiscale et résidence administrative. S’immatriculer à l’Anagrafe (registre de résidence communal) et avoir son domicile fiscal en Italie sont deux choses liées mais distinctes. L’inscription à l’AIRE (registre des Italiens à l’étranger) n’est pas un critère — c’est la résidence effective hors d’Italie pendant la période requise qui compte.
La troisième erreur concerne les travailleurs détachés par leur entreprise : le détachement vers l’Italie ne donne pas automatiquement accès au régime impatriati. Les conditions de rupture suffisante avec la résidence fiscale italienne antérieure doivent être remplies, et les situations de double emploi ou de split payroll sont traitées avec attention par l’administration fiscale.
Le régime impatriati dans une stratégie d’installation globale
Le régime impatriati est un avantage fiscal réel, pas un argument marketing. Mais il ne représente qu’un élément d’une stratégie d’installation bien construite. La gestion de la résidence fiscale de sortie (démarches auprès du fisc français, radiation du centre des impôts de départ), le traitement des avoirs financiers détenus en France, l’impact sur le prêt immobilier ou le maintien d’une activité accessoire en France sont autant de sujets connexes qui méritent une attention rigoureuse.
Chez Phoenix Relocation Group, nous ne pratiquons pas le conseil fiscal à titre professionnel — mais nous travaillons en étroite collaboration avec des experts-comptables et des avocats fiscalistes bilingues (français-italien) à Milan qui accompagnent nos clients sur ces sujets. Notre rôle est de coordonner les bons interlocuteurs au bon moment.
Comment vérifier si vous êtes éligible
L’éligibilité au régime impatriati dépend de votre situation personnelle : nationalité, durée de résidence à l’étranger, nature du contrat, type de poste, diplôme, et liens préexistants avec l’Italie. Une vérification sérieuse prend environ une heure avec un spécialiste — et peut valoir plusieurs dizaines de milliers d’euros sur cinq ans.
Il n’existe pas de pré-demande formelle auprès de l’administration fiscale italienne. Le régime est déclaratif : le contribuable se déclare bénéficiaire au moment du dépôt de sa déclaration de revenus. En cas de contrôle, c’est à lui de prouver qu’il remplit les conditions. La rigueur dans la constitution du dossier de preuves (contrat de travail, certificats de résidence étrangère, diplôme) est donc fondamentale.
Phoenix Relocation Group : votre installation, de A à Z
L’installation à Milan ne se limite pas à trouver un appartement. La dimension fiscale, administrative et juridique est souvent la plus chronophage — et la plus coûteuse en cas d’erreur. Chez Phoenix, nous coordonnons l’ensemble du processus : accompagnement à l’Anagrafe, activation du codice fiscale, orientation vers les bons spécialistes fiscaux francophones, home search calibré sur votre budget net réel.
Nos services pour les expatriés francophones :
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