Vous avez accepté le poste, signé le contrat, annoncé la nouvelle aux enfants. Et maintenant ? L’arrivée en Italie avec sa famille est un moment aussi exaltant que vertigineux. Entre la résidence, l’école, la santé et le compte bancaire, les démarches s’accumulent — et l’ordre dans lequel vous les réalisez compte autant que les démarches elles-mêmes.
Chez Phoenix Relocation Group, nous accompagnons chaque année des familles francophones dans leur installation à Milan, Rome et Naples. Ce guide rassemble tout ce que nous avons appris en les aidant à transformer un projet de déménagement en un vrai nouveau départ.
Avant le départ : les 5 démarches à boucler depuis la France
1. Le Codice Fiscale : votre clé d’entrée
C’est le numéro d’identification fiscale italien, indispensable pour absolument tout : signer un bail, ouvrir un compte bancaire, inscrire les enfants à l’école, accéder au système de santé. Bonne nouvelle pour les Français : vous pouvez le demander au Consulat d’Italie avant même de partir, via le formulaire AA4/8. Chaque membre de la famille doit avoir le sien, enfants compris.
2. Le choix de l’école : ne tardez pas
C’est souvent la priorité numéro un des familles françaises. Vous avez trois grandes options : l’école publique italienne (gratuite, entièrement en italien), le lycée français (Stendhal à Milan, Chateaubriand à Rome, Alexandre Dumas à Naples) ou l’école internationale (programmes IB, souvent en anglais). Les inscriptions en école française s’ouvrent dès janvier pour une rentrée en septembre, et les places sont limitées : n’attendez pas d’avoir posé vos valises.
Un point culturel important : le rythme scolaire italien est différent. L’école primaire termine souvent à 13h, la maternelle vers 16h. Pour les familles où les deux parents travaillent, il faut anticiper le « dopo-scuola » (garderie après l’école) ou trouver des solutions complémentaires.
3. Le logement : ce qu’il faut savoir sur le bail italien
Le contrat de location standard en Italie suit le modèle « 4+4 » (quatre ans renouvelables automatiquement). Le dépôt de garantie représente généralement deux à trois mois de loyer, et vous devrez payer le premier mois à l’avance. Attention : le contrat doit être enregistré auprès de l’Agenzia delle Entrate dans les 30 jours, faute de quoi il n’est pas opposable.
Pour les familles à Milan, comptez entre 1 500 et 2 500 € pour un trois-pièces dans les quartiers familiaux (Porta Romana, Città Studi, Bicocca). À Rome ou Naples, les budgets sont plus accessibles, mais la proximité des écoles doit orienter votre recherche.
4. L’assurance santé : CEAM + couverture privée
En tant que citoyens européens, votre Carte Européenne d’Assurance Maladie (CEAM) est reconnue en Italie. Elle couvre les soins urgents mais ne remplace pas l’inscription au SSN (Servizio Sanitario Nazionale), qui est le système de santé public italien. Nous recommandons de souscrire une assurance privée complémentaire pour les premiers mois, le temps de finaliser votre inscription à l’ASL locale.
5. Le budget : préparez vos premières dépenses
Au-delà du loyer, prévoyez un budget de lancement qui inclut : le dépôt de garantie (2-3 mois), les frais d’agence immobilière (généralement un mois de loyer + TVA), les raccordements aux services (eau, électricité, gaz, internet) et les frais de première installation (meubles, équipement). La convention fiscale franco-italienne évite la double imposition, mais il est sage de consulter un fiscaliste dès votre arrivée.
Semaine 1 : les démarches d’urgence
✓ Enregistrement à la mairie (Anagrafe) : obligatoire au-delà de 90 jours, c’est le préalable à tout le reste.
✓ Vérification du Codice Fiscale pour chaque membre de la famille.
✓ Prise de contact avec l’école choisie pour valider l’inscription.
✓ Ouverture du compte bancaire (prévoir passeport + codice fiscale + justificatif de domicile).
Semaines 2-3 : l’installation concrète
✓ Inscription au SSN auprès de l’ASL (Azienda Sanitaria Locale) de votre quartier.
✓ Choix du médecin de famille (medico di base) pour chaque membre du foyer.
✓ Activation des contrats de fourniture (eau, électricité, gaz, internet).
✓ Inscription des enfants aux activités extrascolaires (sport, musique, langue).
✓ Contact avec l’Alliance française locale ou les associations d’expatriés.
Semaine 4 : les ajustements
✓ Demande de la Carta di Identità (distincte du permis de séjour).
✓ Conversion du permis de conduire si nécessaire.
✓ Déclaration des comptes bancaires français auprès du fisc italien.
✓ Premier bilan familial : comment vont les enfants à l’école ? Quels ajustements ?
Ce que les familles françaises ne savent pas toujours
La religion à l’école : l’enseignement catholique fait partie du programme scolaire public (2h/semaine en primaire). Vous pouvez demander une dispense en début d’année, mais sachez que votre enfant sera le seul ou presque à en bénéficier.
Les horaires de l’école : l’école primaire termine souvent à 13h. C’est un choc pour les familles habituées au rythme français. Le dopo-scuola (garderie) existe dans de nombreuses communes, mais il faut s’y inscrire tôt.
L’EsaBac : pour les familles qui prévoient un retour en France, le double diplôme EsaBac (bac français + maturità italienne) est une option précieuse qui permet d’accéder aux universités des deux pays.
La proximité culturelle : l’italien est proche du français, et la culture latine partagée facilite l’intégration. Mais attention au dialecte régional et au rythme de vie plus lent — la ponctualité est de mise au travail, beaucoup moins dans la vie sociale.
